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Quelles implications possibles du monde agricole dans la compensation écologique ? Vers des approches territoriales

Rôle possible des acteurs agricoles dans la séquence Eviter-Réduire-Compenser

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Revue numéro 31

La consommation d’espaces naturels et agricoles par l’aménagement du territoire a un fort impact néfaste sur la biodiversité. Malgré l’évolution récente des politiques agricoles et de protection de la nature, celle-ci ne répond que partiellement à l’enjeu de préservation. L’intégration de pratiques agricoles adaptées à la biodiversité dans les mesures compensatoires mettent en exergue le fait que les agriculteurs peuvent être des acteurs de la compensation écologique.
Cet article paru dans la revue Sciences Eaux et Territoires permet de définir le rôle et la perception que le monde agricole peut avoir de la séquence « Eviter-Réduire-Compenser », les principaux enjeux et les points de vigilance à prendre en considération.
La compensation a d’abord été perçue très négativement par les agriculteurs qui considèrent subir une triple peine (artificialisation de leurs terres pour l’aménagement du territoire, accueil de leurs propres mesures compensatoires, augmentation du prix du foncier agricole). Mais leurs positions ont évoluées dans la mesure où le rôle de l’agriculture y est reconnue. Pour certains exploitants, cette compensation écologique est une opportunité de diversification de revenus et de valorisation de leurs terres. Outre le fait de compenser les impacts de leur propre activité, les agriculteurs peuvent jouer le rôle « d’Opérateurs de compensation écologique » pour le compte de tiers, individuellement ou collectivement par le biais d’un contrat pour lequel il s’engage auprès du Maître d’ouvrage.
Mais cet engagement nécessite des exigences de la compensation écologique dont la pérennité de la mesure compensatoire pour laquelle le maître d’ouvrage dispose d’outils juridique (bail rural environnemental, …). En contrepartie, certaines compensations écologiques ne pourront être portées par les exploitants agricoles car les gains écologiques proposés ne seront pas à la hauteur des pertes liées au projet et également dû au fait que les agriculteurs peuvent manquer de compétences et de technicités.
L’enjeu territorial est une autre perspective qui envisage le rôle transitoire, que pourrait jouer la compensation écologique et agricole collective pour accompagner la transition agro-écologique. Certaines mesures ne génèrent une plus-value écologique que lorsqu’un certain seuil de surface ou d’intensité de changement de pratiques est atteint nécessitant une forte participation des agriculteurs.
La compensation ne peut être à elle seule, le seul moteur de cette transition agro-écologique étant donné les impacts qu’elle implique. Seront alors concernés par cette transformation de nombreux acteurs du territoire tels que les aménageurs, les opérateurs de compensation, autres acteurs du monde agricole et de l’environnement…
Dans tous les cas, le principal objectif est de s’assurer de l’adéquation de la compensation écologique avec les intérêts des agriculteurs et du territoire afin que soit garantie la cohérence et la pertinence tant localement que globalement.

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